Biographie


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Pendant des décennies, au XXème siècle, on a annoncé régulièrement la mort de l’Art. Aujourd’hui, on constate au contraire qu’il a pris une extension exponentielle, considérable à tous égards, mais ce constat en amène un autre, à savoir que le public ne sait plus, égaré par les myriades de propositions picturales les plus diverses, quel est le sens réel et profond de la peinture contemporaine, ne sachant même plus si elle n’a pas perdu sa raison d’être.
De surcroît, nous sommes submergés par toutes les déclinaisons de couleurs, saturés d’images en tous genres qui en arrivent à polluer notre champ visuel, puisque tous les médias, audiovisuels surtout, nous envoient presqu’à l’infini des images aux couleurs souvent agressives. Peu d’artistes cherchent à retrouver des valeurs basiques, avec un sens fondamental qui s’impose à nouveau.
Sybil Aubin opère en réaction à tout cela un retour aux sources qui lui paraît salutaire, essentiel. Elle a opté pour un retour aux sources radical en se lançant dans la réalisation d’une saga totalement originale, à partir d’œuvres réalisées au graphite, son mode d’expression le plus viscéral. Elle déroule une nouvelle vision de l’art d’aujourd’hui, comme un retour au primitivisme, en référence à certaines époques charnières qui ont marqué l’histoire de l’art.
Elle innove aussi bien au plan du fond que de la forme. L’exécution des œuvres est d’une virtuosité de maître et le fond est un support de réflexions complexes tant il est riche de fondements philosophiques, scientifiques, apportant une mise en lumière totalement originale de la condition humaine, abordée dans sa complexité, sa richesse. Nourrie d’une appréhension totalement contemporaine et novatrice de la vie, son œuvre se construit dans un espace-temps infiniment mouvant qui nous anime, dans un mouvement perpétuel qui régit l’univers.
Cette saga présente par ailleurs la particularité unique de pouvoir presque se lire comme une continuité filmique constituée de plans séquences, le cinéma étant justement le thème de prédilection de l’œuvre, en filigrane dans son déroulement. Le Noir et Blanc figure évidemment ce retour aux sources, au temps des premiers films. D’où sa présentation comme un vaste film d’aventures, parfois Rock and Roll, parfois d’un réalisme dénonciateur, à l’image de la vie qui peut être drôle mais aussi terriblement cruelle. Les Beatles eux-mêmes ont mis au cœur de leurs recherches musicales l’enfance et le merveilleux qui nous hantent. De même, Sybil Aubin nous montre que l’illusion nous tient souvent lieu de réalité, comme si rien n’était réel et pourtant pourrait l’être.
Cette œuvre dans sa globalité est à multiples facettes, avec des entrées plurielles et des angles de vision objectifs et subjectifs. D’où les lectures les plus diverses que nous pouvons en faire. Elle questionne d’abord les fondements de l’espace-temps dans lequel on évolue : c’est une imbrication de mondes d’horizons divers dans des mondes venant d’un autre monde. S’y mêlent donc les visions subjectives, voire oniriques ou fantastiques, avec des visions très objectives qui figurent notamment les travers de notre quotidien.
Tous ces mondes qui s’interpénètrent, s’interfèrent, se contredisant ou se conjuguant de mille façons, sont en fait en chacun de nous, potentiellement. Nous vivons sans le savoir à la fois dans le présent et le passé, dans l’infini subjectif et la réalité la plus tangible. Les titres des œuvres sont d’ailleurs éloquents : Transisland, L’Envoleuse, L’inventurier, L’Entremonde et traduisent bien cette multivalence. C’est pourquoi les œuvres de Sybil combinent l’hyperréalisme quasi photographique et une forme de surréalité pour mieux renforcer cette impression de constante dualité. Nous ne sommes même pas en 2D, mais multidimensionnels en permanence, et de surcroît en mouvement, sans en avoir vraiment conscience. Nous sommes des êtres cosmogoniques oubliant la dimension de l’espace-temps qui nous échappe en général.
L’œuvre incite donc à la rêverie, à la drôlerie parfois, tout en nous interpelant sur les travers flagrants de notre société. La chaise électrique dans Happy Hour montre bien la férocité de l’homme, et dans d’autres œuvres, le burn-out ou la paranoïa, la cruauté de la vie que nous traversons. Les panneaux directionnels qui sont effacés et laissés au quatre vents montrent symboliquement notre manque de repères, nos égarements, la fragilité de l’être et son insécurité foncière. D’ailleurs, l’île est l’image métaphorique de l’humain perdu dans des eaux calmes en apparence, toujours en quête d’une stabilité comme source de Bonheur, difficile à atteindre. On est un vaisseau de notre temps qui demande une gouvernance et une stabilité physique et émotionnelle.
De même qu’il y a fondamentalement une fusion du terrien et du cérébral. « Je me sens tout le temps entre deux mondes », dit l’artiste. N’est-ce pas là le propre de notre condition ? Dans ce monde agité de toutes parts, nous sommes constamment en quête du Bonheur, de la plénitude. C’est ce que figure l’œuvre présentant un Lion magistral qui protège une enfant endormie dans l’abandon de l’innocence, évoquant par là-même la suprématie passée du règne animal sur Terre et l’inversion terrible qui s’est opérée au fil du temps. Mais on peut faire une autre lecture parallèle en regardant le Lion comme l’icône apprivoisée du Cinema mondial.
Bi-, multivalences, ainsi se composent ces créations picturales d’un autre type, montrant à la fois que la vie est un voyage incertain, merveilleux comme un rêve d’enfant et par ailleurs terrifiant dans un quotidien qui peut nous aliéner totalement, dans un monde qui peut frôler le totalitarisme.
Si le cinéma est au cœur de cette œuvre, c’est parce qu’il est un autre reflet de notre vie en un temps donné, mais aussi un témoin visuel et sonore d’une réalité qui change avec l’époque, de nos aspirations les plus folles comme la conquête de l’espace. Cette saga est en vérité une sorte d’Odyssée de l’espace, un Retour vers le futur qui avance dans l’espace et le temps, une évocation de tous les temps dans lesquels nous voguons comme des Avatars.
C’est aussi une évocation chargée d’affects, d’images iconiques des films qui nous ont marqués. Rotten dog ou L’Envoleuse nous projettent dans un univers hitchcockien réinventé tandis que The Moving Collector In A French 2CV est un clin d’œil amusant aux films d’Oury, avec des évocations multiples d’objets cultes du cinéma mondial. Cette saga est pleine de références populaires et s’adresse à tout public.
Elle est aussi une sorte de road movie que symbolise parfaitement Burn out on the Road, avec cet homme qui fonce sur une route quasi désertique, évocatrice de films américains mythiques, le road movie étant la métaphore par excellence de la vie même.

Avec cette œuvre « picturale » infiniment novatrice à tous égards, basée sur les valeurs les plus élémentaires que le graphite évoque à merveille, Sybil Aubin trace une route des plus prometteuses qui devrait la propulser parmi les artistes qui comptent vraiment aujourd’hui. Et nous ne sommes qu’au début de l’aventure. Son univers est une signature affirmée et son imagination prolifique nous promet une Œuvre de très grande envergure dans l’esprit de la saga Harry Potter, toute proportion gardée, bien sûr. Son Œuvre ne peut que prendre de l’ampleur et affirmer ses valeurs sur la scène internationale. Elle est un maître en puissance.

Lois Levanier

 Salons: Comparaison, Artistes Français, Dessin et Peinture à l’eau, Salon d’Automne, Vincennes, ADAC Châtillon…
Membre Associé de la Société Nationale des Beaux Arts de Paris (Carrousel du Louvre, médaille d’argent 2013) 
Membre du Comité du Salon du Dessin et Peinture à L’eau (Grand Palais)
Sociétaire de la Fondation Taylor
Académie Arts-Sciences-Lettres (médaille d’argent 2013)
 

 


© Sybil Aubin 2010 | Conception Élodie Brondoni